Quel avenir pour les métiers créatifs ?

by Karim Rahou | Apr 1, 2026 | Design graphique, Intelligence artificielle, Motion Design

Pourquoi cette question un peu provoquante ?

J’interviens dans les écoles (Gobelins et IIM) et mes étudiants me posent de plus en plus régulièrement cette question.

Ils ont l’impression d’avoir fait le mauvais choix.

« Je ne suis pas arrivé au bon moment »

« Est-ce que c’est mieux d’arrêter maintenant ? »

« Ça ne m’amuse pas de rédiger des prompts »

« Est-ce qu’il faut se spécialiser ? »

« Est-ce qu’il faut rester généraliste ? »

« Est-ce qu’il faut se former à l’IA même si on n’aime pas ? »

« Est-ce qu’il faut tout simplement abandonner ce métier et le garder en passion ? »

Ils ont des difficultés pour trouver un stage ou une alternance, les retours de leurs aînés ne sont pas encourageants.

C’est difficile d’être optimiste car plusieurs facteurs ont modifié le paysage de la création graphique et audiovisuelle en général.

Et ce n’est pas uniquement lié à l’intelligence artificielle.

  • Les banques d’images et les smartphones ont bouleversé le marché de la photographie et de l’illustration, il y a déjà un petit moment.
  • Les réseaux sociaux ont rendu une partie de la création très éphémère (snack content).
  • Les outils ont évolué et sont devenus plus accessibles (Canva).
  • Le marché s’est densifié (plus d’écoles et donc plus de professionnels sur le marché).
  • Et l’IA vient perturber encore plus ce marché en touchant à plusieurs corps de métiers en même temps (graphiste, illustrateur, voix-off, compositeur, photographe, développeur, etc.) en donnant le sentiment qu’il suffit d’un prompt...

 

Ce que j’en pense :

Aujourd’hui, c’est assez facile de produire un « beau visuel », une « belle photo ».

En revanche, c’est toujours aussi difficile de présenter une série de visuels pertinents et cohérents. Que l’on utilise une banque d’images ou l’IA, c’est toujours chronophage de trouver ou de générer des visuels qui ont du sens.

Pour obtenir des choses intéressantes avec l’IA, il faut avoir une bonne culture du métier, être capable d’identifier les erreurs et surtout pouvoir reprendre la main pour affiner ou corriger le travail.

Et c’est le cas où le brief est clair et le projet assez mature.

Dans la majorité des cas, le travail du créatif est d’écouter, d’analyser et de proposer des solutions à un problème que le client a du mal à identifier (car faisant partie du système). Et ensuite, il y a un travail d’accompagnement et de suivi pour la mise en place de la solution.

C’est bien beau de constater mais quels conseils donner à un étudiant de 20 ans en 2026 qui est intéressé par les métiers de la création ?

Si il aime la création visuelle, je lui recommande de continuer à travailler son karaté.

De continuer à pratiquer assidûment ce qu’il aime (dessin, musique, photo, etc.)

De détailler son process de réalisation autant que le résultat final.

Et de rester curieux et de continuer à développer un regard critique.

Pour terminer cet article sur une note positive, je vais sortir ma vieille boule de cristal.
Elle est toujours très réconfortante dans ses prédictions 😊

  • L’euphorie IA passera.
  • L’IA ne disparaîtra pas mais les acteurs seront moins nombreux (la rentabilité rattrapera le secteur).
  • Nous aurons un coût d’utilisation plus élevé qu’aujourd’hui (et on réfléchira à 2 fois avant de générer son double maléfique dans le style Miyazaki).
  • Nous aurons collectivement une meilleure compréhension de l’IA (ce n’est pas magique et surtout, ce n’est pas neutre sur bien des points). Certaines tâches seront plus rapides sans IA.

Les métiers de la création seront moins nombreux mais plus valorisés.

Concernant cet article : 100 % bio, rédiger par un humain avec le correcteur orthographique de LibreOffice.
Je voulais demander son avis à Claude mais on va laisser les tournures maladroites, ce n’est pas si grave.